>Laissez-nous partir !

Comment repartir d’une ville située à 1630 kilomètres d’un quelconque lien international ?
Tout comme a l’allée, 3 solutions s’offrent a nous :
Solution n°1 : avion – 4 heures de vol / diagnostic : hors budget.
Solution n°2 : bus – 3 jours/nuits de route (donnée approximative) / question : retrouverons-nous la seconde fois toute la fraîcheur de notre première expérience inoubliable ?
Solution n°3 : jeep ou van pour visiter la route du nord – 5 jours de route et 1 jour off / ça tombe bien : on a justement 4 autres touristes devant faire le même trajet sous la main.

Mardi 12 octobre : à la recherche d’un mini-van. Les locaux flairant le bonne affaire nous proposent leur services. On se décide pour un chauffeur parlant anglais avec un mini-van russe dans un état très correct. Rendez-vous est pris pour partir à 15h.
A l’heure dite, nous envahissons le trottoir de nos sacs et de nos provisions. Le cœur plein d’espoir pour le trajet à venir. L’âme légère à l’idée d’enfin bouger de cette petite ville après 3 jours passés à attendre nos compagnons de route. Les regards tournés vers l’horizon de la grand rue, nous attendons sagement. Chaque van est un espoir. Chaque vérification que le chauffeur n’est pas celui que nous attendons, une petite déception.
Après une demi heure, le doute nous saisi. Mais connaissant la ponctualité mongole, nous tentons de ne pas sombrer dans le désespoir si promptement. Cependant après une heure et demi, les fesses incrustées sur le pavé, nous décidons à l’unanimité qu’il est temps de trouver une autre solution.
Un américain opportun nous conseille un de ces amis et nous acceptons.
Nouvelle nuit au très aimé hôtel Bastau.
Départ à 6h le matin du jeudi. Notre chauffeur kazakh et son ami viennent nous chercher. Premier arrêt : un ivrogne très court vêtu monte nous faire la conversation. Il est ramené au bercail fissa par sa maman. Deuxième arrêt après 2 heure de routes : crevaison. Si nous étions pessimistes nous en tirerions dès à présent des conclusions. Mais nous appliquons à la lettre notre discipline mentale mongole de fer « on ne se projette pas dans le futur » (pour le meilleur et pour le pire).

Nos compagnons de route s’avèrent être de bons cuisiniers : Hannah, Or, Claire et Joannie. Ce qui fait que chaque crevaison est l’occasion de manger.

Le soir venu, on campe au bord d’un magnifique lac qu’on ne voit pas parce qu’il fait noir et aussi parce qu’on est occupés à cuisiner à la lampe frontale.

Jour 2, la route est toujours aussi bonne. Ce qui signifie qu’il n’y a pas de route au sens goudronneux du terme. Plutôt une accumulations de pistes parallèles, sinueuses et cailloutées au milieu de la plaine. La conséquence directe en est un mal de mer assez prononcé qui nous touche chacun notre tour. Exception faire de Or, qui est même capable de dormir la tête ballante dans le van (parenthèse pleine d’admiration). Marjolaine ne vomit pas, elle a des principes.
Le chauffeur hésite entre plusieurs pistes et arrête régulièrement les rares autres voitures pour demander son chemin. Ou bien il sort ouvertement de la piste pour aller frapper aux yourtes égarées afin de vérifier que nous sommes encore dans la bonne direction.
On roule jusqu’à minuit. Plantage de tente à la hâte et dodo.

Jour 3, l’eau a gelé dans nos gourde. Une explication logique à l’inefficacité de nos sac de couchage prévus pour affronter les -15° ?
Les paysages sont magnifiques malgré la nausée. L’herbe est tellement jaune qu’on dirait du sable. Près du lac Kövsgol, les arbres brillent et perdent leurs aiguilles dorées sur la neige.

Jour 4, on est arrêté dans une yourte (ger) au bord du lac Khövsgöl. Ne pas être ballotés dans tous les sens nous manque déjà. Alors on va trotter sur des poneys caractériels dans les bois, histoire de ne pas se deshabituer trop rapidement.

Jour 5, Petit litige avec notre chauffeur concernant l’itinéraire. Pour nous faire passer par le monastère que nous aimerions visiter, il nous demande une petite liasse d’argent supplémentaire. Après avoir parlementé avec son frère (qui parle mieux anglais que lui) au téléphone, on abandonne cette option.

Nous devons franchir un pont flottant, qui s’avère être en réparation pour les 20 minutes suivantes (20 minutes mongoles = 2 heures occidentales).
On roule tard dans la nuit et pour remédier à l’état léthargique de Marie, chacun chante son hymne national. La marseillaise semble bizarrement efficace contre son mal de tête.
Nous dormons à 5 filles dans une chambre d’hôtel. À minuit la gérante nous réveille pour nous porter notre clef. À 1 heure du matin notre chauffeur frappe à la porte mais impossible de rouvrir la porte. Aux bruits perçus, on conclut que plusieurs personnes tentent de nous ouvrir pour nous délivrer. Après ¼ d’heure ils nous déclarent perdues pour la nuit et abandonnent les investigations sans nous prévenir. Le lendemain matin nous sommes toujours prisonnières lorsqu’on frappe à la porte pour nous réveiller. Profitant de la situation on se rendort jusqu’à ce qu’on nous demande de lancer la clef à un allié par la fenêtre. Quand notre chauffeur parvient enfin à ouvrir la porte, nous ne sommes pas aussi apprêtées que ce qu’il pensait.
Dernier jour de route, un miracle se produit. Nous avons une route ! Une vraie, droite et plate. Après un moment, on préfère plutôt prendre la piste qui longe la route.
Ulaan-Bator finit par apparaitre, coiffée de sa couche de pollution et identifiable à son odeur de pétrole poussiéreux. Joie !
Mais au lieu de nous déposer à notre auberge de jeunesse dans le centre, notre chauffeur s’arrête à 3 kilomètres de là en refusant d’aller plus loin. Un peu irrités, on fini par comprendre qu’en tant que kazakh, il risque une sévère amende en s’aventurant dans le centre. On commence à calculer la somme que nous lui devons encore, après avoir déchargé nos affaire. Dans un anglais approximatif, il nous réclame un nombre supérieur au montant convenu au départ. Pas très doué dans les parlementassions, il finit par s’emporter et nous menace d’aller voir la police tout en remettant nos sacs de force dans son van. Marie hésite à faire usage de son plus beau kravmaga. Mais on trouve l’erreur de calcul avant qu’elle ait eu à nous prouver qu’elle sait faire d’avantage que répondre à une bousculade.
On ne se dit pas au revoir et on part à pieds sous la neige (au fait, Joannie a une sérieuse entorse) pour attraper un bus plein.
Le soir venu, après s’être enfin lavés, on retrouve un tas d’étrangers voyageurs pour manger des plats coréens avec des soupirs de soulagement et de contentement.

4 commentaires

  1. nicois says:

    quelles aventures, enfin, ça fera plein de souvenirs
    gros bisous et bonne route pour d’autres photos

  2. J’adore ces traversées de territoires…

    Vous auriez dû penser à la roue de secours dans votre paquetage… Tout du moins la bombe anti-crevaison…

    T’as pas oublié mon chameau Marie ???

    Bizous

  3. La racaille de Bodha says:

    Héhé, que d’aventures dites-moi !! De quoi alimenter une carte SD 😉 !! Les photos sont vraiment superbes d’ailleurs ^^ !!!
    Bon ben, continuez à faire tourner les nouvelles, on n’attend que ça nous XD !!
    Des bisous du fin fond parisien

  4. or (gold) says:

    great descrip
    but where are the interviews??
    and where are u now??

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