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Pour terminer notre séjour dans la capitale indienne, nous nous sommes dit qu’une visite à l’intriguant « musée international des toilettes » s’imposait. Nous avons donc pris le taxi pour sortir de la partie visible de notre carte. Ce n’est qu’en cours de route que nous nous sommes rendu compte que le lieu dans lequel nous nous rendions était encore plus excentré que l’aéroport. Qu’à cela ne tienne, nous ne sommes plus à quelques kilomètres près pour en apprendre plus sur le caca !
Le musée est géré par l’entreprise privée Sulabh. L’entrée est gratuite et à première vue, la petite salle avec panneaux lumineux, aux allures de polycopiés, ne paye pas de mine. Pourtant après une longue visite guidée nous avons pu comprendre l’importance des différents trous cimentés dans le sol de la cour, ainsi que celle de ne pas faire ses besoins à tout va.
Sachez donc que la gestion des excréments humains n’a pas toujours été le souci premier des différentes civilisations. À part quelques sociétés indiennes plutôt précoces, il nous a fallu, pour la plupart, une ou deux bonnes petites épidémies pour penser à des solutions plus urbaines.
Et comme la caca est cocasse, l’endroit regorge d’anecdotes historiques et de merveilleuses inventions : la table basse convertible en pot de chambre, le « trône » de Louis XVI, ou la pile de livres WC.
Pour le côté pratique, Sulabh est une entreprise qui fournit des toilettes pour toutes les régions d’Inde. Il y a donc à l’extérieur toutes les déclinaisons de cuves possibles et imaginables pour tous les terrains et budgets envisageables. Cela fonctionne de la manière suivantes : 2 trous sont creusés côte à côte dans le sol. Suivant la consistance du terrain et les matériaux disponibles les cuves seront construites en ciment, bois ou pierres. Ensuite on relit les toilettes à ces fosses sceptiques qui serviront en alternance l’une après l’autre tous les 2 ans. Après ce laps de temps on condamne la cuve pleine et on libère l’autre de son contenu qui séchait depuis 2 ans. Et on a de l’engrais gratos !
Et pour les cabinets en eux même il y en a pour tous les préférences : les vieux indiens étant habitués à faire leur petite affaire en plein air, on leur a aménagé des WC à ciel ouvert avec mur en colimaçon.
Concernant les eaux usées, un système de tuyau coudé permet de n’utiliser qu’un seul litre d’eau pour chaque chasse. Elles peuvent ensuite être nettoyées avec des lentilles d’eau. Une fois transformée en eau riche en matériaux, cela devient un milieu idéal dans lequel faire grandir des poissons. Il parait même que la pisciculture qui en découle permet d’obtenir de plus gros poissons que d’habitude.
Mais les bienfaits des fèces ne s’arrêtent pas là ! Si on stocke les excréments de manière à récupérer le gaz on peut on faire plein plein plein de choses : de l’électricité, du gaz de cuisine, et tout un tas de trucs, dont quelque chose en rapport avec la médecine qu’on n’a pas bien saisi.

Quand on sait qu’il y a plus de téléphones portables en Inde que de toilettes, on comprend mieux l’importance que donne Sulabh à l’éducation des gens. Des classes viennent visiter le musée et les guides expliquent avec beaucoup de convictions et de détails l’importance d’avoir des WC.
Et même en tant qu’occidentales déjà équipées de toilettes, on s’est senties bien arriérées en pensant à nos cabinets laissant s’échapper une dizaine de litre d’eau potable à chaque chasse.

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