>Yak lac lac

Pour changer un peu nos habitudes, on a pris le train. Celui-ci nous amène au jusqu’à Lhassa en 27h depuis Xining. C’est une des plus hautes lignes de chemin de fer du monde et aussi une des plus belles. Au programme, plaines, dunes de sable, lac, lac, yak, yak, yak, yak, yak, lac, yak, yak, plaine, daims, loups, plaine, yak, yak, yak. Les paysages sont époustouflants à l’extérieur et l’ambiance incroyable à l’intérieur. Nos voisins de wagons sont tous empreints d’une certaine ferveur religieuse. En effet on croise beaucoup de tibétains et de moines en pèlerinage dans le train. Des murmures sortent de chaque recoin de cabine, rythmé par les moulins à prière et les mouvements de chapelets. Un avant-goût de première classe !
Le train part donc de Xining à 2275m d’altitude pour rejoindre Lhassa, la capitale, perchée à 3595m. Les compartiments ont des distributeurs d’oxygène en cas de besoin, il faut dire que le train, censé être pressurisé, a des fenêtres amovibles et ouvre grand ses portes à chaque gare. Précisons tout de même que la ligne passe un premier col à 4772m, puis un second à 5206m et un troisième à 5040m avant de redescendre vers sa destination finale. Si l’on en croit la légende, et c’est assez facile à croire, les ouvriers ont dû travailler avec des bouteilles d’oxygène.
Pour se dédouaner de toutes responsabilités concernant les risques liés à l’altitude, les autorités nous font remplir un papier certifiant que nous ne sommes ni enrhumées, ni schizophrènes, ni de dangereuses femmes enceintes.
Peu avant l’arrivée, certains sortent leurs plus beaux habits et vous les font essayer si vous avez de la chance. Bien sur à l’aller comme au retour, les enfants du compartiment profitent du voyage pour jouer avec vos jumelles, crayons, appareil photo sous prétexte que vous êtes touriste et que vous ne comprenez de toute façon pas ce qu‘on vous dit. Les adultes ne sont pas en reste et passent une bonne partie du voyage à vous dévisager (pas de pattes de poulet cette fois-ci malheureusement). Le train est aussi plein de touristes chinois qui écoutent attentivement les commentaires touristiques sur le paysage donnés par les hauts parleurs. Bref ce train est une affaire déjà bien rodée.
La gare de Lhassa au bout du voyage est étourdissante, d’une part à cause du manque d’oxygène qui devient évident dès que votre sac touche vos épaules, d’autre part par ses dimensions. Pour arriver jusqu’ici on aura du tout de même montré notre permis de séjour tibétain à quatre reprise, sans compter les contrôle de bagages et autres procédures. Autant dire que les fraudes par le train sont impossibles.

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