>Si on déménageait la capitale ?

Fatehpur Sikri a atterri sur notre itinéraire un peu par hasard. Il nous restait une journée à tuer après avoir visité le Taj Mahal de très bon matin. Alors nous avons pris le bus (au sol ajourée sur la route) pour cette ancienne capitale moghole située à 40 km d’Agra.
Le palais de grès rouge a servi durant 14 ans avant d’être abandonné en 1585, faute d’irrigation suffisante pour maintenir la capitale dans cet endroit plus longtemps. Cela lui donne maintenant un petit air de ‘vieux pas vieux’. Les murs ouvragés sont tout ce qu’il reste des différents palais. Aucune végétation ne vient les recouvrir et tout tient encore très bien debout. On a donc la bizarre impression de se promener dans un décor de cinéma ou bien une ville fantôme (pas exactement le même flot de touristes qu’au Taj Mahal). Ici, très peu de représentations humaines, mais un tas de symboles de plusieurs religions. En effet, Akbar, empereur de ces lieux, ayant 3 épouses différentes (une hindoue, une musulmane et une chrétienne), il lui a fallu ménager quelques susceptibilités.
A côté de ces ruines, s’élève la mosquée Jama Masid, datant de la même période. Ce jour là, les abeilles avaient décidé de mourir toutes ensemble. Parce que c’est solidaire une abeille. Et des milliers d’insectes jonchaient le sol. Bien sûr, comme dans toute mosquée, pas question d‘entrer avec des chaussures. Une fois à l’intérieur, il faut non seulement bien regarder ses pieds, mais aussi éviter les petits vendeurs de cartes postales, les bradeurs de bijoux en toc et les guides officiels autoproclamés à renfort de carte d’identification plastifiée. Une fois tous ces obstacles franchis, on peut enfin admirer le tombeau de Shaikh Salim Chishti (évidemment !) où les femmes viennent accrocher des fils de couleur afin d’avoir un fils.
Dans le bus qui nous a reconduites à Agra, nous nous sommes placées à l’avant afin de bien voir : les vélos qui manquent de se faire écraser, les slaloms furieux, les doubles-doublages, les gens qui se mettent en plein milieu de la route pour bien faire comprendre au chauffeur qu’ils veulent monter, l’assistant conducteur qui tend le bras par la fenêtre en guise de clignotant, les vaches qui dorment sur les parterres de milieu de route, les doublages par la gauche (ici ce n’est pas normal), les gens qui s’entassent dans les remorques des camions et les pylônes électriques en cours de chute.

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